Trucs et astuces du jour

RESPECTEZ-VOUS LE CODE DE PRATIQUES POUR LE SOIN ET LA MANIPULATION DES PORCS?

Stéphane Laberge, expert-conseil
laberges@scalaseigneurie.qc.ca

Au niveau de l’engraissement, le nouveau code de pratique pour le soin et la manipulation des porcs incite les producteurs porcins québécois à fournir à leurs
porcs à l’engrais une forme d’enrichissement de leur espace de vie.

Pour débuter, l’enrichissement du milieu sert à décrire les efforts (modifications ou ajouts à l’environnement) qui visent à améliorer les conditions de vie des animaux en leur permettant d’exprimer une plus grande variété des comportements naturels. Le porc est un animal très curieux, sociable, fouisseur et explo ra teur. En milieu naturel, il consacre 75% de son temps à des activités comme le fouissement, la recherche de nourriture et l’exploration. Ainsi dans la majorité des systèmes d’éle vage, les porcs sont privés d’un environnement leur permettant de manifester leurs comportements naturels. Plusieurs porcs peuvent développer alors des comportements atypiques nommés stéréotypies. Ces comportements répétés anormaux, tel que le mâchouillement des barreaux de la cage, les morsures de queues (caudophagie) et d’oreilles dans les parquets. Il est donc recommandé d’enrichir l’environnement des porcs afin de réduire ces comportements et minimiser l’agressivité dans les enclos.

Pourquoi enrichir le milieu de vie de nos porcs?

• On améliore les performances zootechniques (Prise alimentaire, GMQ
et CA)
• On réduit la fréquence de comportements anormaux (caudophagie,
morsures, agressions)
• On augmente le nombre de comportements normaux
• On réduit le stress des animaux

Il faut savoir que les interactions négatives entre les porcs ont souvent un effet négatif sur leurs performances. Au contraire chez les porcs vivant dans un milieu enrichi, la prise alimentaire s’avère plus élevée, la conversion alimentaire inférieure et la vitesse de croissance supérieure.

Les réactions des animaux élevées en milieu enrichi sont aussi moins fortes lorsqu’ils font face à des changements de leur environnement. Ils sont donc
moins nerveux et craintifs lorsqu’un changement survient dans leur quotidien, rendant ainsi les manipulations des animaux plus faciles.

Avec quoi enrichir nos porcs à l’engraissement?

Tout d’abord, les matériaux ou l’objet choisi doivent être compatibles avec la nature des sols retrouvés dans la salle d’élevage, les matériaux organiques de faibles dimensions passent à travers les lattes et peuvent boucher les systèmes d’évacuation du lisier. Aussi, il faut s’assurer qu’ils ne causent pas de problèmes de santé (étouffement, intoxication, etc.) et qu’ils ne présentent pas de risques de salubrité alimentaire ou sanitaire (exemple : salmonelle).

L’installation?

Plusieurs études ont démontré que les objets suspendus à la hauteur des
yeux des porcs sont davantage manipulés que les objets laissés au sol. Ceci
permet de maintenir l’intérêt des porcs, puisque les objets demeurent
propres plus longtemps.

Voici quelques exemples d’enrichissement pour vos porcs d’engrais sement :
1. Litière
• Paille
• Sciure de bois
• Compost
• Ensilage
• Tourbe
• Fourrage

2. Aliments
• Paille dans un distributeur
• Pulpe de betterave
• Noix de coco coupées endeux
• Carottes suspendues par une corde
• Rutabagas disposés dans une boîte
• Choux laissés au sol

3. Bois
• Simple pieu de bois placé dans un coin de l’enclos
• Morceau de bois suspendu à une chaîne ou fixé au sol

4. Chaîne
• Elle sera plus utilisée si elle est positionnée près du sol, plutôt qu’à
hauteur du groin
• La grosseur de la chaîne doit être adaptée à la taille de l’animal

5. Balle de plastique
• Peut être suspendue dans l’enclos ou laissée au sol
• La grosseur de la balle doit être adaptée à la taille de l’animal

6. Corde
• L’utilisation d’une corde fait de fibre naturelle est suggérée
• Des noeuds peuvent être faits dans celle-ci pour que les porcs aient
plus de difficulté à la briser

7. Brosse
• L’extrémité d’un balai rigide fixé au mur ou au niveau de la tête des
porcs
• Le type de brosse utilisé ne doit pas causer de blessure à l’animal

8. Autres
• Tuyau d’arrosage (PVC)
• Bidon de plastique vide
• Chaudière de plastique vide (5 gallons)
• Chaîne de soigneur à pastilles
• Planchers de plastique de pouponnière ou de mise bas

Pour connaître tous les avantages et inconvénients de ces enrichissements pour les porcs, communiquez directement avec votre expert-conseil.

Plusieurs options s’offrent à vous pour enrichir l’environnement des porcs. Certaines options sont plus dispendieuses que d’autres. Vous pouvez
toujours récupérer des matériaux ou des objets présents sur votre ferme.

Par contre, il faut s’assurer de maintenir l’intérêt des porcs et ce, par le changement régulier des matériaux et objets d’enrichissements. Adoptez ces pratiques pourrait avoir des effets bénéfiques sur les performances de vos animaux. C’est un pensez-y bien!

LES SEPT MERVEILLES DU RENDEMENT EN MAÏS

Maxime Lacroix, expert-conseil 

maxime.lacroix@lacoop.coop

Si l’on suit les tendances du marché pour la prochaine année, la plupart des semenciers s’entendent pour voir une augmentation des superficies cultivées en maïs. Au Québec, les changements importants de culture le printemps dernier au profit du soya ont mené à une production moindre de maïs et, en plus, le gel du 19 septembre a affecté négativement son poids spécifique.

Le prix des engrais connaît une hausse cet hiver, ce qui n’aidera pas à améliorer les coûts de production. Un facteur très important dans cette équation est le rendement en maïs. Il est très facile de comprendre que plus le rendement est élevé, plus le coût de production à la tonne diminue. Dans cet ordre d’idée, le professeur Fred Below de l’Université de l’Illinois nous fait découvrir ses « sept merveilles du rendement en maïs ».

Tout d’abord, les résultats d’études présentés au Rendez-vous végétal du 11 février dernier, à Brossard, sont une revue de résultats d’essais sur plusieurs années en Illinois. Les sept merveilles, ou incontournables, sont les facteurs ayant le plus d’impact sur la productivité du maïs. Certains prérequis essentiels sont des obligations comme le drainage, le contrôle des mauvaises herbes et des ravageurs et une fertilisation adéquate selon les analyses de sol.

Voici donc nos sept merveilles du rendement en maïs :


* En plus des conditions préalables essentielles
1 En tm/ha à 15% humidité

Bien entendu, cette projection est américaine, avec un rendement moyen de 10 tm/ha et des records de rendements allant jusqu’au nouveau record mondial à 31,68 tm/ha. Nous allons donc nous baser sur l’ordre de grandeur plutôt que sur le chiffre exact. Les incontournables sont en ordre d’importance. Prenons les facteurs à la suite et analysons-les :

La météo : Aucune nouveauté de ce côté, si la température n’est pas avec nous, rien ne sert d’aller plus loin. Le rendement peut être sauvé durant la saison, mais il ne peut jamais être rattrapé.

L’azote : Le maïs a besoin d’azote jusqu’à la fin du remplissage de ses grains et il ne doit donc jamais en manquer. Si la température est mauvaise, cet élément peut subir des pertes importantes par volatilisation ou lessivage. Il faut donc en avoir en quantité suffisante et au bon moment.

L’hybride : Les hybrides les plus récents possèdent une génétique à la fine pointe quant au potentiel de rendement, à la résistance aux herbicides et aux ravageurs et à la tolérance aux caprices de Dame Nature (sécheresse, pluie, vents, etc.) Il faut aussi ajuster la maturité du maïs avec sa date de semis et profiter au maximum de la saison de croissance. Un semis hâtif permettra à un maïs tardif dans la zone d’exprimer son plein potentiel de rendement.

Le précédent cultural : Une rotation efficace combine plusieurs cultures avec chacune leurs avantages. Par exemple, un retour de prairie fournira un apport en azote plus tard en saison et une troisième année de maïs ne pourra pas être aussi performante sans augmenter les apports en fertilisation.

Le taux de semis : Plus vous augmentez le taux de semis, plus vous augmentez vos rendements. Attention, tous les hybrides ne sont pas adaptés à de fortes populations et il est important de s’informer du taux de semis idéal de chaque hybride. Le rendement en maïs se compose d’une équation assez simple : Rendement = (plants/hectare) x (grains/plants) x (poids/grain)

Le travail du sol : L’important est la gestion des résidus. Plus le sol est dégagé de résidus, plus il se réchauffe vite au printemps et meilleures sont les chances de germination et de levée des plants.

Les régulateurs de croissance : Les fongicides à base de strobilurine permettent de garder plus de feuilles vertes en fin de saison et donc de garder les plants actifs plus longtemps. Ils augmentent la tenue et le poids spécifique même en absence de maladies. C’est le facteur présentant le plus de variabilité dans les sept présentés.

En résumé, les sept merveilles du rendement en maïs sont très importantes et elles sont inter-reliées. Il ne faut pas oublier la base : un bon drainage, un bon contrôle des mauvaises herbes et des ravageurs et une bonne fertilisation de vos sols selon leur teneur. Si vous faites travailler ces joueurs tous ensemble, la coupe vous attend à la récolte!

Parlez-en à votre expert-conseil végétal, il vous aidera à planifier vos rendements.

Article rédigé par Vanessa Vachon,
conseillère en communication et en marketing
vachonv@scalaseigneurie.qc.ca

Direction Saint-Agapit, plus précisément 459, route 116!

C’est l’univers de la ferme PQ inc. que nous découvrirons ensemble!

Menuisier de formation, puis journalier à la boulangerie Couture et employé dans une quincaillerie, M. Richard Camiré a porté bien des chapeaux, mais un seul a perduré : celui d’agriculteur. Natif de Saint- Bernard et résident de cette même ville, notre producteur a occupé son premier poste en agriculture sur les terres familiales. Les productions laitières et de veaux de lait étaient ses premiers pas comme producteur.

En plus d’avoir grandi dans cet univers, le fait de pouvoir prendre ses propres décisions, d’user de débrouillardise et de pouvoir innover, l’agriculture était un choix naturel.

Il y a 20 ans, son rêve a vu le jour

En 1994, sa carrière a connu un virage important. Richard Camiré a décidé d’ouvrir ses horizons et de faire connaissance avec la production porcine en acquérant sa première ferme. Elle détenait 650 places sur litière et était située à Saint-Bernard dans le rang Saint-Aimé. Il a transmis le flambeau à un acheteur seulement en 2012.

Comme la routine n’est pas sa tasse de thé, il a acquis en 1999 avec quatre autres actionnaires la ferme Eco-Porc, aujourd’hui nommé PQ. On comptait alors 1 200 places sur litière. Puis, en 2000, une nouvelle section s’est ajoutée et offrira 1000 places sur latte supplémentaires. Cette acquisition leur a permis de créer du volume. De 1999 à 2011, elle comptait 3200 places. C’est en 2008 que l’ensemble de la ferme est passé de solide (litière) au liquide (lattes). Maintenant, celle-ci compte 2 500 places à 8 pieds/porc.

Entrepreneur dans l’âme, M. Camiré a acheté, toujours avec ses actionnaires, une maternité de 300 truies à St-Narcisse dans le rang Iberville. Celle-ci fut transformée en engraissement de 1 000 places (Ferme Norben) et revendu, il y a quelques années, faute de réparations majeures et du contexte économique difficile.

De nouvelles cordes à son arc

Ça ne s’est pas arrêté là! Ayant une fibre entrepreneuriale bien développée, notre visionnaire s’est allié en 1996 à une équipe de passionnés pour créer Nutriment Gillois à Saint-Gilles. Il a siégé comme président fondateur pendant deux ans. L’objectif de cette alliance était de contrôler leurs couts d’alimentation. D’autres projets ont suivi. Une opportunité d’affaires et un besoin de connaître une nouvelle facette de l’agriculture, soit celle de la vente, ont amené notre producteur à reprendre une concession Purina.Toujours ayant le besoin de maximiser les coûts d’alimentation, il démarrera un nouveau projet, en groupe, avec la construction de la meunerie Promix à Saint-Lambert. En somme, M. Camiré et ses collègues ont été l’investigateur de nombreux projets. M. Camiré a également été impliqué auprès de différentes organisations : président du syndicat bovin de la Beauce, et administrateur de Fertior, de l’UPA et du syndicat de porc de la Beauce.

Propriétaire à forfaitaire : une formule gagnante gagnant

Puis, en 2010, à la vue d’un besoin urgent d’approvisionnement de porcelets de bonnes qualités pour la ferme aujourd’hui baptisé Ferme PQ Inc., M. Camiré a recouru aux services du Réseau La Coop, comme forfaitaire. D’abord, pour le Groupe Dynaco, puisque le produit était disponible, puis à La Coop Seigneurie. Le suivi est toujours effectué par La Coop Seigneurie.

C’est donc à la venue d’un contexte économique plus difficile, d’une opportunité, du besoin en approvisionnement de porcelets de bonne source et un besoin d’un revenu stable qui ont conduit le producteur à devenir forfaitaire.

Fructifier ses acquis, ça passe par la proactivité

Depuis sa création, la ferme était en partie sur litière. En 2008, la conversion alimentaire étant moins bonne et le prix de la litière (ripe) étant devenu vraiment trop dispendieux, la décision d’une gestion liquide est venue.

Approvisionnement de qualité et bons suivis : éléments à l’atteinte des résultats, évoque notre producteur.

M. Camiré souligne que les résultats sont notamment liés aux porcelets de qualité. Il souligne également l’apport de ses experts-conseils et de son vétérinaire Jean Brochu aux bons résultats de ses élevages et des économies.

Depuis, M. Camiré affiche des lots avec des résultats des plus intéressants.
Les résultats techniques sont supérieurs aux 25 % des meilleurs de la province parmi le réseau La Coop. Stéphane Laberge, expert-conseil, souligne, quant à lui, la rigueur, la passion et l’expertise de notre producteur. Comme plusieurs producteurs, il a su faire preuve de détermination, de débrouillardise et de persévérance. De plus, il a toujours été ouvert à mettre en pratique les recommandations de l’équipe de la coopérative, notamment de son expert-conseil, Stéphane Laberge.

Il souligne d’ailleurs son accessibilité et ses recommandations justes. Sur le plan de la calibration de la ventilation, M. Richard Camiré a suivi les conseils d’un autre expert-conseil, Sylvain Bélanger, et épargne désormais de 5 000 à 6 000$ en propane annuellement. Il n’hésite pas à aller chercher conseil auprès de notre équipe. La santé des animaux est un facteur déterminant dans la rentabilité d’une ferme. De ce côté, il est également sensible aux nouvelles normes de bien-être animal.

C’est dans le souci des détails qu’on récolte les meilleurs résultats!

Un problème est perçu comme une opportunité. En effet, il travaille à trouver des solutions. D’ailleurs, malgré le contexte économique, il n’a jamais hésité à investir dans la structure pour conserver ses bâtiments en ordre. Aujourd’hui, il récolte le fruit de ces investissements. De plus, ses qualités en travaux manuels, son autonomie et son envie d’apprendre ont permis à notre agriculteur de performer et de demeurer dans le secteur porcin. Impliqué sur le plan social et professionnel, notre membre profite des activités organisées par la coopérative, notamment en participant à la Tournée cochonne, à l’assemblée générale et aux rencontres techniques de l’équipe porcine. D’excellentes façons de s’informer et d’être à l’affût des nouveautés et nouvelles normes. De plus, il a souvent recours aux conseils et aux produits de la succursale BMR de Saint-Agapit-Saint-Narcisse.

Avoir une relève comme patron

C’est en août 2013 que son fils, Pierre-Luc, diplômé au DEP en production porcine de Saint-Anselme, a fait son entrée dans l’entreprise. Il deviendra l’unique propriétaire. La coopérative s’est donc vu accueillir une nouvelle recrue, sérieuse et engagée. On verra donc le nom de la ferme changée pour PQ et le nom des propriétaires revus. À temps plein dans l’industrie de la construction, il est néanmoins très impliqué en démontrant de l’intérêt au budget, suivis et développement de la ferme. Aujourd’hui, la ferme comprend 2 500 places. L’ancienne section litière a une nouvelle vocation, celle d’entrepôt. Le premier bâtiment mesure 260’ par 60’ et le second est de 125’ par 70’. Les deux bâtisses sont reliées par une chambre d’expédition qui peut accueillir jusqu’à 100 cochons. La terre fait 6 arpents par 30 pour un total de 180 arpents, 150 en culture.

M. Camiré demeure par contre employé à temps plein. S’est joint à lui, son frère, Urbain, avec qui il partage les tâches de cette ferme. Ils sont également employés de la ferme Dosquet, propriété de La Coop Seigneurie depuis 2013. Ils travaillent sur le site de la pouponnière et de l’engraissement.

À travers les multiples projets, il y aussi la famille

À ces côtés, son épouse Sylvie et ses trois enfants, Pierre-Luc, Vincent et Andréanne, partagent avec lui ses succès et sa passion. Son horaire rempli et ses multiples projets génèrent des semaines bien chargées. Au quotidien, il aspire à maintenir une vie équilibrée. Évidemment, il n’y a pas de recette magique. Il faut se réserver du temps, profiter au maximum de chacun des moments et savoir décrocher au temps opportun. Le fait d’effectuer des rotations avec son frère Urbain permet d’ailleurs de planifier des moments en famille et pour réaliser des activités comme des voyages de pêche. D’ailleurs, il doit désormais négocier ses vacances avec son fils!

Et pour la suite?

Bénéficiant d’un approvisionnement de porcelets de qualité, négatif SRRP et mycoplasme, d’une ferme en bon état, d’un prix du porc intéressant, on entrevoit l’avenir du bon oeil. De plus, aucun changement de vocation de la ferme n’est en vue. Comme nouvelle installation, on prévoit la mise en place d’un quai d’expédition. Au quotidien, on désire maintenir d’excellents résultats.

Considérant le contexte difficile que vous avez dû affronter au cours des dernières années, si c’était à refaire, auriez-vous quand même investi dans l’industrie porcine? Sans hésiter, il a répondu oui avec le plus grand sourire! En fait, lorsqu’il regarde derrière lui, il ne ressent pas le contexte difficile, mais plutôt l’accomplissement de nombreux rêves, une multitude d’expériences diverses, de connaissances acquises et des rencontres uniques.